3 points marquants d'Autodesk University 2018

Publié le 29 Novembre 2018 par Vincent Carignan

3 points marquants d'Autodesk University 2018

Avec sa promesse de nous épater, “nous instruire et nous inspirer” année après année, Autodesk University (AU) était de retour du 13 au 15 novembre dernier à Las Vegas. C’était, pour l’équipe de BIM One, l’occasion de faire notre mise à jour annuelle des feuilles de route de développement des produits Autodesk et de voir ce que l’éditeur logiciel nous prépare pour l’avenir de sa suite. Parce qu’internet nous fournit déjà de bons résumés de ce qui a été présenté au sujet des feuilles de routes des produits, nous nous concentrons sur des sessions dignes de mention auxquelles nous avons assisté et portant sur les standards américains, dRofus et le (fameux?) generative design.

Évolution des standards américains

Une des présentations les plus intéressantes fut celle portant sur l’état actuel du développement des standards américains intitulée “How to Utilize the Suite of National BIM Standards to Improve Project Delivery” et conduite par Johnny Fortune (Bullock Tice Associates), Dr Carrie Dossick (University of Washington) et Paul Audsley (NBBJ). Avec pour objectif d’exposer le futur développement des standards BIM américains, la présentation a rapidement pris la forme d’une discussion ouverte entre l’auditoire et le panel. Les panélistes ont aussi annoncé que de nouvelles mises à jour des standards sont attendues dans les prochains mois.

Ayant une très forte influence sur les standards et le déploiement canadien et québécois, une mise à jour des standards américains doit attentivement être suivie.

Voici les éléments clés annoncés :

  • Pour la nouvelle version du National BIM Standards US (NBIMS-US) devant être publié dans les prochains 18-22 mois (malheureusement, le comité n’est pas financé et est composé de bénévoles, ce qui ralenti considérablement les efforts de production!) :
    • Nouvelle division du document permettant de faire référence à des sections spécifiques et permettant la mise à jour de parties des documents sans avoir à mettre à jour l’ensemble du standard, ce qui est très positif puisque certaines parties de standards ont tendance à évoluer beaucoup plus rapidement que d’autres;
    • Conversion du document (plutôt aride présentement) en version web facilement consultable. L’objectif du comité est de permettre de retrouver toute information en moins de 7 clics de souris;
    • Clarification de ce qui fait partie des standards et ce qui peut être utilisé comme guide d’implantation. Les informations se trouvent présentement dans plusieurs documents différents;
    • Clarification de ce qui fait consensus comme étant le noyau dur du BIM (les requis minimums pour la conduite d’un projet BIM) autour duquel peuvent être construits d’autres standards.
  • Pour le National BIM Guide for Owners (NBGO) :
Johnny Fortune présentant l’introduction de la session sur
    l’état actuel des standards.
Figure 1.0 - Johnny Fortune présentant l’introduction de la session sur l’état actuel des standards.

Session dRofus “off AU2018”

Une autre session ayant retenu notre attention n’était en fait pas une session d’AU! Les hauts dirigeants de dRofus, vaste logiciel de gestion d’actifs, ont tenu trois sessions en marge de la conférence d’Autodesk dans un hôtel adjacent à l’événement. La solution de dRofus est parmi les solutions que nous suivons attentivement pour nos clients et nous étions enthousiastes de pouvoir assister à des sessions portant sur des cas d’étude d’utilisation de la plateforme. Les présentations étaient très concrètes et permettaient facilement de faire le pont entre les concepts de gestion de l’information d’un actif et de sa mise en oeuvre grâce à une solution logicielle. D’autre part, ayant rarement la chance de discuter avec des clients ayant directement implanté et travaillé avec la plateforme, la disponibilité et l’ouverture des présentateurs représentent bien l’intérêt d’un événement comme AU. Le CEO et le CTO ont aussi profité de l’occasion pour nous présenter les fonctionnalités et mises à jour qui sont en cours de développement dont nous continuerons de suivre le déploiement! La présentation des trois cas d’étude est disponible ici .

L’équipe BIM One avant l’évènement de dRofus. De gauche à
        droite: Steve Sénéchal, Vincent Carignan, Alexine Gordon-Stewart, Christian
        Proulx, Eric Marrapodi, John Barkwell, et Dave Allard.
Figure 2.0 - L’équipe BIM One avant l’évènement de dRofus. De gauche à droite: Steve Sénéchal, Vincent Carignan, Alexine Gordon-Stewart, Christian Proulx, Eric Marrapodi, John Barkwell, et Dave Allard.

Generative design

Cette année encore, les sessions portant sur la conception générative (generative design) étaient, avec les classes sur Dynamo, parmi les plus courues. Difficile donc de passer sous silence certains faits saillants, malheureusement pas toujours positifs, de ces sessions. Et quoi de mieux pour capturer l’essence d’une réaction qu’un meme du fil Twitter #AU2018:

Alors que le concept et ses applications sont définitivement prometteurs et que les formatrices et formateurs étaient qualifiés, il était dommage de constater que, comme le rend bien le tweet de Nathan Miller de proving ground, certaines réflexions étaient plutôt superficielles. À la défense des conférenciers et conférencières, le format de certaines classes avait tendance à promouvoir les opinions tranchées au couteau. Jongler avec le défi d’expliquer le concept le plus simplement au plus grand nombre tout en gardant une dose de pragmatisme n’est pas chose facile, mais le résultat manquait de nuance.

Malgré tout, plusieurs commentateurs de la communauté ont su élever le débat dans différentes sessions, ce qui a été très apprécié de l’assistance. Pardis Mirmalek, a proposé, à la fin de sa présentation, un extrait accrocheur du journal New Scientist d’août 1972 sur les travaux qui allaient mener à la création de Deep Blue, premier ordinateur ayant vaincu un humain aux échecs. L’extrait se lisait comme suit:

“An interesting possibility which arises from the ‘brute force’ capabilities of contemporary chess programs is the introduction of a new brand of ‘consultation chess’ where the partnership is between man and machine. The human player would use the program to do extensive and tricky forward analysis of variations selected by his own chess knowledge and intuition, and to check out proposed lines of play for hidden flaw.” - Professor Donald Michie, director of the department of machine intelligence at Edinburgh University.

Alors que la complexité de la conception d’un bâtiment est beaucoup plus élevée que les mécaniques sous-jacentes aux échecs, je pense que cet extrait résume bien les possibilités de l’exploitation de la conception générative. Le concepteur a un accès grandissant à des capacités de traitement d’immenses quantités d’informations lui permettant d’explorer plus d’options de conception différentes en dédiant plus d’énergie aux tâches auxquelles il excelle: la création de valeur.

Pour poursuivre la réflexion:


Vincent Carignan
Spécialiste BIM